
« Prendre du temps pour soi », on entend et on lit ces mots partout en cette période particulière. C’est une expression que je trouve difficile à comprendre.
D’une part parce que le temps est une notion compliquée que les scientifiques et les philosophes s’attachent à tenter de définir depuis des siècles. Peut-on la comprendre ? La saisir ? On ne sait pas bien définir la notion du temps et on est sensé la prendre ? On risque de s’épuiser à essayer d’attraper l’insaisissable.
D’autre part, parce que « prendre du temps pour soi » implique un choix et une certaine liberté de la part de celui qui le fait. Un choix de l’activité, un choix de lieu, un choix de personnes qui l’accompagnent. La liberté de dire « non » à une chose pour faire une autre chose qui fait plaisir, qui détend. Or, dans le contexte actuel, nous sommes limités, non seulement dans nos choix, mais aussi dans l’obligation de nous recentrer sur nous-même. Le choix, la liberté, n’est plus là.
Alors, j’aime bien remplacer l’expression « prendre du temps pour soi » par « se saisir du temps qu’on a ». Il s’agit donc plus de se concentrer sur le temps et les possibilités présentes dans notre quotidien que d’essayer de créer des plages horaires pour faire autre chose.
Si vous décidez de changer quelque chose dans votre emploi du temps pour pouvoir vous dégager du temps pour un nouveau loisir, c’est très bien ! Pour ceux qui trouvent cet exercice difficile, essayez plutôt d’étudier votre quotidien et de repérer les instants perdus que vous pourriez utiliser pour vous faire plaisir.
Par exemple, prendre le temps du trajet en voiture vers chez ses parents qu’on va aider pour choisir une musique stimulante que l’on n’a pas écouté depuis très longtemps. Profiter du temps dans la salle de bain pour allumer une bougie qui sent bon ou bien verser quelques gouttes d’huiles essentielles au fond du bac à douche pendant sa douche et respirer à fond. Prendre les 5 minutes avant de s’endormir pour méditer avec une application sur le téléphone. Transformer la cinquantième application de gel hydroalcoolique de la journée en massage des mains.
Les pistes sont nombreuses actuellement dans les médias, sur internet, pour trouver quoi faire chez soi et pour soi pendant le confinement. Chacun est libre d’y trouver ce qui lui convient le mieux. Parfois cela ne suffit pas à se sentir mieux, notamment lorsque des dysfonctionnements préexistants sont là (dépression, anxiété, difficultés conjugales, etc.). Le confinement, la solitude et l’inquiétude face au virus peuvent exacerber des difficultés antérieures. Dans ces cas-là, il peut être bon de consulter un psychologue. Il dispose d’une technique d’écoute particulière sans jugement et de différents outils pour appréhender et aider ceux qui le souhaitent à se développer vers un mieux-être dans toutes les situations.
