La thérapie en téléconsultation – et pourquoi pas ?

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Depuis quelques années, les outils de communication se développent à grande vitesse.

Les téléphones disposent de caméras pour des appels « visio » à nos proches. Les réseaux internet et les ordinateurs ont tout ce qu’il faut pour pouvoir supporter notre travail depuis notre maison. Les cabinets médicaux s’équipent de matériel permettant de consulter à distance. Alors pourquoi ne pas profiter des avantages de la téléconsultation pour les soins psychiques ?

Voici un article rapide qui explique les avantages de la téléconsultation pour la psychothérapie car il est vrai que la rencontre est différente mais elle existe bel et bien ! Pour certains même, elle soulage la pression générée par une rencontre en tête-à-tête. C’est alors sans cette pression que la parole peut être libérée le plus facilement.

La rencontre en visio permet également une grande flexibilité logistique. Pas de déplacement à prévoir dans l’emploi du temps déjà chargé, même pas besoin d’être chez soi. Il suffit de disposer d’un endroit où l’on peut être seul le temps de la consultation. Ainsi, l’espace de parole et d’écoute peut s’ouvrir de façon stable que l’on soit à la maison, au travail, en déplacement professionnel, ou en vacances.

De plus, il peut arriver que des ennuis de santé nous obligent à mettre notre travail psychique en pause. Par exemple, si nous n’avons plus la possbilité de nous déplacer au lieu physique de la consultation. La téléconsultation permet de pouvoir poursuivre ce travail malgré ces difficultés.

Parfois, c’est un déménagement (en France ou à l’étranger) qui nous empêche de poursuivre une psychothérapie. Il peut être alors compliqué de prendre le chemin vers un autre psychologue. Reprendre notre histoire depuis le début, et créer une nouvelle alliance thérapeutique, est un exercice fastidieux. Avec la possibilité de la téléconsultation, le travail psychique peut se poursuivre avec le même praticien quelque soit notre situation géographique.

Pour d’autres encore, l’accès à un psychologue en présentiel est impossible pace qu’ils habitent en milieu rural, éloignés des grandes villes où sont regroupés la plupart des thérapeutes.

Enfin, les entretiens en ligne se déroulent de la même façon que ceux en présentiel. Il s’agit de pouvoir détailler ce qui empêche d’avancer et de le mettre au travail.

N’hésitez pas à prendre rendez-vous !

COVID 19 et irritabilité – un symptôme à ne pas prendre à la légère !

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2021 est maintenant bien entamée, les espoirs de fin d’année dernière s’épuisent dans ce nouveau confinement. Le début de la campagne de vaccination nous avait laissé espérer que la situation s’apaiserait facilement et rapidement mais il faut laisser encore du temps à la logistique avant que la situation ne s’améliore. Le sentiment d’enfermement, d’isolement, de solitude est de retour pour certains d’entre nous. Même nos loisirs, créés parfois pour s’adapter à cette situation que nous pensons temporaire, peuvent devenir un peu amers.

Je vous parle aujourd’hui d’un symptôme mal connu des troubles de l’humeur : l’irritabilité. D’après le dictionnaire, il s’agit de l’état de quelqu’un qui s’irrite facilement, qui désigne une propension à des réactions colériques. S’il est normal de se sentir irrité par certains évènements, certaines situations, certaines paroles, une irritabilité répétitive à long terme au quotidien peut-être le signe d’une difficulté plus grande comme un trouble dépressif ou anxieux. Comme d’autres symptômes, l’irritabilité apparaît comme un signal d’alarme, une tentative de protection ou de défense contre une menace à l’équilibre psychique. Ainsi, il suffit souvent de trouver la cause de notre irritabilité pour pouvoir prendre du recul et s’apaiser. Elle peut également avoir des causes physiques comme un trouble hormonal, un manque de sommeil ou un déficit en certains minéraux, etc. Mais parfois, l’origine de notre irritabilité n’est pas si évidente à repérer, surtout lorsqu’elle s’installe progressivement au quotidien dans un contexte sanitaire difficile.

La pandémie que nous traversons peut réveiller certaines blessures enfouies, faire écho à nos peurs anciennes, amplifier le stress ressenti au travail ou encore complique la perte d’un être cher. L’irritabilité peut alors se manifester, comme si notre esprit, étant occupé par les échos, éprouvait des difficultés à faire face aux tracas du quotidien.

Se rendre compte de notre irritabilité et la reconnaître est un bon premier pas. Chacun a la possibilité de trouver ce qui l’apaisera.

Si vous vous sentez plus irritable que d’habitude, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ou à votre psychologue.

COVID et nouvelle année – Des fêtes suspendues

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Après une période de fêtes de fin d’année en demi-teinte, nous voilà en 2021 presque comme si de rien n’était…

Des rassemblements empêchés, des câlins interdits, des parties de la famille ou des amis pas vus, des angoisses et très peu d’action. Mais aussi du calme, des pensées, des soupirs, des jeux de société, des visios… Ce temps des fêtes n’avait rien de celui des années précédentes.

On a pu percevoir aussi une différence dans l’envoi des messages de bonne année. Ils étaient parfois moins nombreux, comme si tout le monde avait décidé d’aller à l’essentiel. De s’assurer que ceux qu’on enverrait aient du sens, fasse du lien.

Le contenu des messages était spécial : « on a décidé de ne rien souhaiter, juste vivre », « juste que tout aille bien », « que tout soit un peu mieux ». On a vu apparaitre du courage, de la force, de l’apaisement mais très peu de santé. On n’ose pas peut-être de peur que ça porte la poisse, que la COVID suive nos messages pour nous en faire baver encore un peu plus.

Je vous propose l’image d’un pont suspendu entre deux falaises au-dessus d’une rivière comme le pont de Capilano à Vancouver au Canada. Des cordes qui semblent fragiles mais des planches, et un ensemble, qui semblent solides. On ressent une inquiétude lorsqu’on le traverse et puis un soulagement quand on est de l’autre côté et puis en fait … c’est tout. La même vue sur le pont, la même perspective sur les arbres qui entourent la rivière et les côtés abruptes du canyon. On se demande pourquoi on a ressenti ses inquiétudes supplémentaires, pourquoi ce trouble si rien ne change. La rivière suit son cours peu importe le côté du pont où nous sommes et notre vie se poursuit.

Les fêtes de fin d’année étaient suspendues au-dessus de l’épidémie COVID pour relier l’an 2020 à l’an 2021 avec son lot d’inquiétudes supplémentaires. Elles étaient suspendues avec la fragilité de nos ressources, qui s’épuisent parfois, comme cordes, et la force de l’amour inconditionnel, qu’il soit familial ou amical, en guise de planches. L’un pouvant venir renforcer l’autre à tout moment pour nous permettre de traverser en portant nos inquiétudes supplémentaires, nos tristesses et nos manques.

Nous avons traversé le pont, nous sommes arrivés en 2021 et rien n’a changé. La rivière de l’épidémie suit son cours. La vue est la même sur la danse des restrictions, des couvre-feux, des confinements. Il y a bien le vaccin qui arrive mais on attend des nouvelles pour la logistique de la campagne de vaccination. Les opinions divergent, et l’incertitude est toujours là pour certains.

Que fait-on alors pour 2021 ? On arrête de cloper ? Avec le stress de la situation, on n’a jamais été si peu certain d’y arriver ! On se met à la salle de sport ? Si elle ré-ouvre, on n’est pas sûr qu’elle puisse rester ouverte longtemps…

Et si on se lâchait la grappe cette année ? Pas de résolution, pas de projection, juste l’instant présent, juste nous et notre entourage, en petit comité, avec masque ou en visio, ici et maintenant. On se laisse tenter par un menu « Carpe Diem » sauce épicurien … à emporter bien sûr 😉

COVID 19 – De la solitude à la solidarité ?

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Depuis que j’écris sur la solitude dans la pandémie, je ne cesse de commettre une erreur de frappe à l’ordinateur. Je commence par écrire « soli » puis mes doigts continuent seuls… « daire » … « SOLIDAIRE ». Et si la solidarité était le remède à la solitude, à l’isolement ? Cela vous parait fou ? Je comprends … Mais pensez-y un peu plus. Comme une personne âgée peut être ravivée, ragaillardie, par l’arrivée du dernier arrière-petit-enfant dans la famille. Le fait de s’occuper d’un autre être, de prendre soin, nous permet de nous sentir utile. De plus, sans compter le contact social qu’apporte chaque rencontre, aider un autre être nous permet de nous décentrer quelques temps de nos propres douleurs qu’elles soient physiques ou bien psychiques. On peut alors sortir du désespoir, de la dépression, en répondant présent pour une cause plus grande que soi. On peut dépasser nos peurs, nos frustrations. On se concentre sur l’autre sans lequel nous ne pouvons vivre.

Je ne suis bien sûr pas la seule à avoir fait l’hypothèse des bienfaits de la solidarité. Dans une interview pour Essentiel Santé Magazine, Alexandre Jollien, un philosophe suisse, répond à la question « Comment définiriez-vous la solidarité ? » par ces mots : « L’étymologie du mot nous renseigne. La solidarité, c’est ce qui nous rend solides, ensemble. C’est la compréhension intime de l’interdépendance de tout être. On ne saurait vivre heureux seul, dans son coin, totalement retranché des autres ».

La dernière partie de cette citation souligne que l’on ne peut pas vivre l’un sans l’autre. Quel problème alors lorsque nous devons rester confinés ou que nous devons limiter nos contacts sociaux. C’est ce qui explique les difficultés de beaucoup de personnes en ce moment à rester dans un élan positif. L’être humain se construit psychiquement dans sa relation aux autres. Je vous épargne la théorie, ce n’est pas l’important dans cet article. C’est dans ces interactions aux autres que le bébé, l’enfant, l’adolescent puis le jeune adulte se construit intérieurement. Il est donc facile de comprendre toute l’importance du contact humain dans notre bien-être. Que fait-on alors lorsque ce contact est modifié par l’arrivée d’un virus ? J’y viens mais revenons d’abord à notre citation, dont la première partie souligne que nous sommes solides ensembles, que nous sommes solidaires. Comment être solide ensemble si on ne peut se voir, se toucher ? À la manière des associations qui souhaitent pourvoir aider de loin comme de près par les lignes d’écoute téléphonique et qui existent depuis très longtemps. On peut utiliser nos téléphones, nos ordinateurs pour contacter nos proches isolés. On peut contacter les associations autour de nous pour demander s’ils ont besoin de bénévoles pour appeler leurs usagers et leur éviter l’isolement. Parce que si nous sommes confinés, nous sommes aussi libres de décider si nous gardons la tête sous l’eau ou si nous essayons de nous rattacher au monde, de devenir parti d’un tout, de devenir solidaire. La solidarité apparaît ici comme une piste pour aller mieux en cette période difficile puisqu’elle nous reconnecte aux autres.

Le processus vers un mieux-être peut être long et prendre des chemins bien différents pour chacun. L’important c’est de continuer d’essayer de s’élever pour créer du lien et se retrouver… peut-être même un peu plus solide qu’avant.

COVID et confinement – A-t-on vraiment le temps pour soi ?

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« Prendre du temps pour soi », on entend et on lit ces mots partout en cette période particulière. C’est une expression que je trouve difficile à comprendre.

D’une part parce que le temps est une notion compliquée que les scientifiques et les philosophes s’attachent à tenter de définir depuis des siècles. Peut-on la comprendre ? La saisir ? On ne sait pas bien définir la notion du temps et on est sensé la prendre ? On risque de s’épuiser à essayer d’attraper l’insaisissable.

D’autre part, parce que « prendre du temps pour soi » implique un choix et une certaine liberté de la part de celui qui le fait. Un choix de l’activité, un choix de lieu, un choix de personnes qui l’accompagnent. La liberté de dire « non » à une chose pour faire une autre chose qui fait plaisir, qui détend. Or, dans le contexte actuel, nous sommes limités, non seulement dans nos choix, mais aussi dans l’obligation de nous recentrer sur nous-même. Le choix, la liberté, n’est plus là.

Alors, j’aime bien remplacer l’expression « prendre du temps pour soi » par « se saisir du temps qu’on a ». Il s’agit donc plus de se concentrer sur le temps et les possibilités présentes dans notre quotidien que d’essayer de créer des plages horaires pour faire autre chose.

Si vous décidez de changer quelque chose dans votre emploi du temps pour pouvoir vous dégager du temps pour un nouveau loisir, c’est très bien ! Pour ceux qui trouvent cet exercice difficile, essayez plutôt d’étudier votre quotidien et de repérer les instants perdus que vous pourriez utiliser pour vous faire plaisir.

Par exemple, prendre le temps du trajet en voiture vers chez ses parents qu’on va aider pour choisir une musique stimulante que l’on n’a pas écouté depuis très longtemps. Profiter du temps dans la salle de bain pour allumer une bougie qui sent bon ou bien verser quelques gouttes d’huiles essentielles au fond du bac à douche pendant sa douche et respirer à fond. Prendre les 5 minutes avant de s’endormir pour méditer avec une application sur le téléphone. Transformer la cinquantième application de gel hydroalcoolique de la journée en massage des mains.

Les pistes sont nombreuses actuellement dans les médias, sur internet, pour trouver quoi faire chez soi et pour soi pendant le confinement. Chacun est libre d’y trouver ce qui lui convient le mieux. Parfois cela ne suffit pas à se sentir mieux, notamment lorsque des dysfonctionnements préexistants sont là (dépression, anxiété, difficultés conjugales, etc.). Le confinement, la solitude et l’inquiétude face au virus peuvent exacerber des difficultés antérieures. Dans ces cas-là, il peut être bon de consulter un psychologue. Il dispose d’une technique d’écoute particulière sans jugement et de différents outils pour appréhender et aider ceux qui le souhaitent à se développer vers un mieux-être dans toutes les situations. 

La Famille Confinée

Mercredi 11 novembre, c’est demain ! Un jour férié … Chouette ! … Mais on est confiné…. Ah … Profitez de ce temps pou participer au Webinaire sur la Famille Confinée organisé à 14h par le cabinet de psychologie de Hatten dans le Bas-Rhin. C’est gratuit et ça vous donne des pistes de compréhension sur ce qui se passe aujourd’hui dans votre famille suite au confinement. Enfant, Parent, Grand-Parent, Aidant,…Une famille est un système bien huilé au quotidien. Elle dispose d’habitudes et de rituels qui participent à son équilibre. Chaque personne qui la compose y a alors une place et un rôle. Que se passe-t-il lorsque le confinement nous oblige à revoir ses habitudes et ses rituels ?

Comme les éléments de la nature obligent un fleuve à trouver le meilleur chemin pour rejoindre la mer, la COVID-19 et le confinement nous forcent à revoir notre trajectoire de vie.

Cliquez ci-dessous pour nous rejoindre mercredi 11 novembre 2020 à 14h :

COVID-19 : confinement, solitude, inquiétudes. Qu’est-ce qu’on fait ?

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Un titre d’article pesant, effrayant.

Pourquoi ? Parce qu’il nous rappelle tout le négatif, tout ce que nous vivons depuis bientôt 8 mois. Nous vivons avec une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes à chaque sortie, à chaque rencontre. Cela complique les relations humaines, ou plutôt nos habitudes dans les relations humaines.

Que nous reste-t-il pour traverser cette période de mouvements contraints, de contacts restreints ? Il nous reste notre pensée, notre réflexion. Je tenterai ici de vous expliquer de façon très simple ce que nous traversons et pourquoi cela a un impact si grand sur nous. Bien que cet article soit loin d’être exhaustif, il vous donne des pistes pour comprendre en partie ce qu’il se passe.

En fait, on devrait aller mieux si on en croit la vague d’accent sur la sophrologie, la méditation, et le temps pour soi, qui existait avant la COVID-19. Beaucoup ont maintenant ce temps si précieux qui nous filait entre les doigts avant cette crise sanitaire. Et pourtant, notre pensée semble paralysée, le temps semble filer encore plus vite. On se sens submergé. On se sent seul alors même qu’on aimait les moments de répit avant.

En effet, cette nouvelle période ne porte pas le nom de « crise » pour rien. Elle nous met face à notre vulnérabilité, face à la mort. La nôtre mais aussi celle des autres qui nous sont chers. Tout notre monde, externe et interne, est en péril.

Lorsqu’elle est présente en quantité raisonnable, l’inquiétude face à la mort nous dit que le temps passe, c’est ce qui nous pousse à faire des choses positives, à faire quelque chose de notre existence pour profiter. Depuis notre naissance, nous grandissons dans une société qui nous explique comment faire pour profiter de cette existence. Parfois on y arrive, et parfois pas, mais on essaie toujours. On se sent bien quand on prend un parent dans nos bras, quand on se rencontre entre amis pour prendre un verre dans un bar. On est fier quand on se rend à un entretien d’embauche et qu’on sert la main au recruteur, quand on gagne un match de sport et qu’on se tape dans le dos dans les vestiaires. On est apaisé lorsqu’on va flâner en forêt regarder les feuilles des arbres rougir en automne pendant des heures ou bien faire une séance de shopping dûment méritée après une journée au travail.

Aujourd’hui, toutes ces choses, ces actions, qui nous permettaient de ressentir du positif sont devenues dangereuses. C’est certainement de manière temporaire, le temps que la communauté médicale trouve un traitement, un vaccin. En attendant, la menace est permanente et omniprésente dans notre quotidien. L’inquiétude est alors très présente, parfois trop présente. C’est le traumatisme. Elle peut alors paralyser notre pensée, notre réflexion, notre capacité à ressentir du positif. On ressasse, et le négatif s’entasse. On rajoute à cela le confinement, parfois sans personne à qui parler, parfois sans la capacité de se confier même si quelqu’un est présent. Et un cercle vicieux s’installe.

Nous l’avons vu dans le dernier article, nous ne sommes pas tous égaux face à la solitude. Il en est de même face au traumatisme de la pandémie. Nous réagissons comme nous le pouvons à la menace actuelle et au traumatisme. Parfois en s’enfermant chez soi, parfois en agissant comme si de rien n’était, parfois même notre esprit peut se défendre an allant jusqu’à nier l’existence du virus.

Oui mais que faire ? Ouvrir le chemin à la pensée et à la parole. Se concentrer sur ce qui est difficile pour nous dans cette période au regard de ce que nous avons vécu, de la manière dont nous avons grandit et expérimenter le lien à l’autre. On peut réfléchir à ce que ce lien nous apporte, faire du lien autrement et prévoir de nous même de modifier nos habitudes. Une partie du quotidien nous échappe, et si on se concentrait sur le reste ?

Marc Aurèle, empereur romain et philosophe, nous parle un peu de nos capacités d’adaptation et de notre pouvoir de les mettre au travail dans Pensées pour moi-même : « Tout ce qui arrive ou bien arrive de telle sorte que tu peux naturellement le supporter ou bien que tu ne peux pas naturellement le supporter. Si donc il t’arrive ce que tu ne peux pas naturellement supporter, ne maugrée pas, car cela passera en se dissolvant. Souviens-toi cependant que tu peux naturellement supporter tout ce que ton opinion est à même de rendre supportable et tolérable, si tu te représentes qu’il est de ton intérêt ou de ton devoir d’en décider ainsi. ». Un paragraphe un peu compliqué pour nous dire que la rumination et les pensées négatives ne sont pas une fatalité. Le chemin est parfois long et toujours parsemé de beaucoup d’émotions mais nous pouvons modifier les schémas de pensées qui nous empêchent d’avancer dans toutes les situations.

C’est bien plus facile à dire qu’à faire … ou plutôt bien plus facile à écrire qu’à penser et encore plus difficile à ressentir. Si vous souffrez de la pandémie ou du confinement, c’est le moment opportun pour chercher de l’aide. Parfois un article ou un livre nous aide à avancer, parfois ce n’est pas assez.

Pour continuer de vous aider, le cabinet reste ouvert pendant le confinement avec toutes les mesures sanitaires en vigueur. En présentiel, par téléphone ou bien par appel visio, il est toujours possible de prendre rendez-vous. N’hésitez pas à me contacter.

Tous égaux face à la solitude ?

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Après avoir défini rapidement ce qu’est le sentiment de solitude dans le dernier article, je pose la question maintenant de savoir si ce ressenti est le même pour tous. Vous vous en doutez, la réponse est non !

Non seulement nous ne vivons pas les mêmes difficultés au cours d’une vie mais nous n’y réagissons pas non plus de la même façon. Certaines personnes vont être amenées à se sentir plus seules que d’autres. Des études en neurosciences sociales nous ont montré que les personnes souffrant plus de solitude ne sont pas forcément celles qui ont le moins de contacts sociaux, mais bien celles qui disposent d’un fonctionnement psychique caractérisé par une sensibilité à l’exclusion sociale, des capacité moindres à auto-réguler ses émotions et des représentations mentales de la solitude particulières.

Ce fonctionnement psychique, il se développe depuis la naissance, notamment dans les interactions aux figures parentales puis à l’entourage social. John Bowlby a beaucoup travaillé pour expliquer les mécanismes de développement du lien à l’autre et à soi-même. Il parle de la notion d’attachement. Nous venons au monde avec des prédispositions innées aux contacts sociaux. L’attachement est alors un besoin, et c’est la relation mère-enfant qui va permettre le développement de cet attachement. Notre type d’attachement va se construire au fur et à mesure de nos expériences autour de la présence/absence de la mère. C’est au cours de ces expériences que se développent la capacité à être seul, à auto-réguler ses émotions, le sentiment de sécurité interne, l’estime de soi.

Le sentiment de solitude est donc bien une perception interne plus que le reflet d’une réalité. Nous y sommes plus ou moins sensibles en fonction de nos représentations mentales de la solitude acquises tout au long de notre développement.

Vous l’avez compris, le fait de se sentir seul peut être plus ou moins difficile à vivre pour chacun. Pour certains, c’est l’occasion de se recentrer, de méditer, de réfléchir ou de prendre du recul. Pour d’autres, il s’agit d’un poids non négligeable à supporter et qui peut entraîner de lourdes conséquences sociales, psychiques et physiques. Alors, comment repérer cette solitude ressentie chez soi ou les autres alors que nous y sommes tous sensibles de façon différente ? Heureusement, il existe bien des constantes dans ce domaine.

Le retrait de situations sociales auparavant appréciées, le repli sur soi, le sentiment d’être incompris des autres, le sentiment d’être exclu ou jugé, ou encore le sentiment d’être différent ou abandonné, sont autant de signaux d’alerte. Que vous le perceviez chez vous ou chez un autre, n’hésitez pas à engager la conversation et à chercher de l’aide pour y faire face.  Nos représentations mentales sont loin d’être figées. Nous pouvons nous développer tout au long de notre vie et mettre nos représentations en mouvement pour vivre mieux, vivre différemment. C’est le but de la psychothérapie.

Solitude à deux

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La solitude à deux est une expression qui peut paraître paradoxale, impossible. Pourtant le ressenti est bien réel dans le vécu de beaucoup. C’est ce paradoxe qui isole car il est souvent incompris de ceux qui ne le vivent pas.

« Solitudes à Deux », c’est aussi un album de Johnny Halliday qui sort en 1978. Il nous offre un doux mélange de mélancolie et de colère rock. Ces deux émotions, nous sont souvent familières, on les connait bien parce qu’on les vit régulièrement en traversant des instants de vie compliqués. On écoute même certaines chansons ou musiques parce qu’elles « collent » à ce que l’on ressent. Et ça fait du bien !

De quoi s’agit-il ? La solitude c’est un ressenti, c’est quand on se sent seul. On peut se sentir seul dans différents contextes, notamment lorsqu’on est réellement isolé, qu’il n’y personne autour de nous, que nous avons peu de contacts sociaux. Cela dit, il existe aussi des situations dans lesquelles on se sent seul même si d’autres nous entourent. C’est alors une sensation interne plus que le reflet d’une situation réelle.

Cette solitude vient avec son tourbillon d’émotions. On retrouve souvent la tristesse, la colère, l’anxiété. Ce sont ces émotions qui nous font mal et qui peuvent mener à long terme à des troubles psychiques chroniques, comme la dépression ou les attaques de panique, mais pas seulement. Des troubles émotionnels au long court peuvent également avoir des conséquences physiques, comme des troubles cognitifs, des douleurs, ou encore des problèmes digestifs.

Il peut nous arriver de nous sentir seuls quand on se sépare d’un amoureux alors que tout le reste de notre entourage reste présent, quand on devient parent alors même qu’une personne s’ajoute à la famille, quand on prend soin d’un proche malade ou handicapé. N’hésitez pas à rester connectés, je développerai autour de cette thématique, et bien d’autres, ici même dans les prochaines semaines. Comment repérer ce ressenti chez soi ou chez les autres ? Comment on en prévient les conséquences ? Et la solitude en situation de COVID ? Pourquoi est-il important de prendre du temps pour soi ?

Loin d’être une fatalité, il suffit parfois de sauter le pas, d’oser demander de l’aide. Quand la parole est libérée, les perceptions peuvent changer. Si vous vous sentez seul, venez m’en parler !